Topologie d’un réseau

Le VLSM

Le VLSM (Variable Length Subnet Mask) est une technique visant à adapter des sous-réseaux de tailles différentes dans un réseau global. Si nous reprenons l’exemple ci-dessus, nous remarquons que nous affectons une plage d’adresses IP à notre interréseau. Or, cet interréseau connecte nos deux routeurs en point-à-point. Cela signifie une perte de 508 adresses, qui pourraient être réaffectées ailleurs dans le réseau.

Le VLSM va arranger ça.

La technique du VLSM va donc appliquer des masques de sous-réseaux variables. Un subnet de masque de type /26 pourra côtoyer dans la même zone d’IP plusieurs subnets de masque /27, sans pour autant dépasser le nombre maximal d’hôtes ! Nous l’avons vu, le nombre d’hôtes sur un sous-réseau dépend du masque.

J’utilise une technique « maison » pour calculer rapidement et efficacement une topologie en VLSM.

Identifions d’abord les besoins de notre topologie, et calculons un nombre magique pour chaque réseau.

La marche à suivre est assez simple :

  1. Définir le nombre de subnets nécessaires. Dans notre cas, il nous faut 4 sous-réseaux.

  2. Établir le nombre d’hôtes pour chaque sous-réseau (noté Hr).

  3. Chaque adresse de sous-réseau étant calculée par un masque, nous avons vu que la partie HOST-ID de chaque sous-réseau doit être positionné à 0. Nous avons vu aussi que chaque sous-réseau « perd » deux adresses (pour le subnet et le broadcast). Puisque nous travaillons en binaire, il faut donc trouver un multiple de 2 suffisamment grand pour contenir notre subnet, en décomptant 2 adresses. D’où la formule Hs = 2n-2 Hr , n étant le nombre de bits du HOST-ID.

  4. Calculons le masque en fonction du HOST-ID. Un masque se compose de 32 bits, moins le nombre de bits alloué au HOST-ID : Masque = 32-n, noté /XX en notation CIDR.

  5. En fonction du masque de sous-réseau (notez qu’il est variable !), on va calculer le nombre magique du sous-réseau. Ce nombre sera lui aussi variable. (Noté Mk)

  6. Trions enfin nos subnets par ordre croissant de dimensions, en laissant le soin de placer les réseaux les plus « immuables » au début.

  7. Calcul des subnets (NET-ID).

    1. Pour le premier sous-réseau, on va prendre un multiple du nombre magique (32) inférieur ou égal au 4ème octet significatif de l’adresse IP. Mk-1 =0 → 172.16.0.0

    2. Pour le second sous-réseau, on va additionner l’octet significatif calculé précédemment (0) avec le nombre magique du sous-réseau précédent. Dans notre cas, Mk-1= 0+4 → 172.16.0.4. Idem pour les autres sous-réseaux.

  8. Calcul des adresses de broadcast.

    1. On va utiliser le multiple immédiatement supérieur du nombre magique du sous-réseau auquel nous retrancherons 1 : Mk+1-1 = 4 -1 → 172.16.0.3

    2. Pour les autres sous-réseaux, on va additionner le dernier octet significatif du subnet précédent avec le nombre magique du subnet actuel. Pour le second subnet : Mk+1-1 = 32+4-1 → 172.16.0.35

  9. Enfin, pour chaque subnet, on va calculer la plage d’adresse pour chaque sous-réseau, en ajoutant 1 à l’adresse du subnet du réseau et en retranchant 1 de l’adresse de broadcast du réseau.

  10. Notre topologie VLSM est terminée !

Le tableau récapitulatif permet de voir plus clairement le déroulement de la procédure :

Adresse IP référence : 172.16.0.0 /16
Réseau Postes (Hr) Hôtes/subnets

(Hs = 2n-2≥H)

Masque (32-n) Mag (2n) Subnet

(Mk-1)

Broadcast

(Mk+1-1)

Plage
inter 2 2²-2 = 2 32-2 = /30 4 172.16.0.0 172.16.0.3 .0.1 à .0.2
admin 22 2⁵-2 = 30 32-5 = /27 32 172.16.0.4 172.16.0.35 .0.5 à .0.34
prof 65 2⁷-2 = 126 32-7 = /25 128 172.16.0.36 172.16.0.163 .0.37 à .0.162
étudiant 461 2⁹-2 = 510 32-9 = /23 512 172.16.0.164 172.16.2.163 .0.165 à .2.162

Notez que le VLSM compacte les plages d’adresses au début de la plage globale. C’est pour ça que nous allons mettre les réseaux immuables en premier, car en cas agrandissement de notre réseau, il suffira de changer uniquement les masques des réseaux sujets à changements, sans toutefois dépasser le nombre limite de machines.

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